Recevoir un avis de contravention pour une infraction commise à l’autre bout de la France alors que votre véhicule était stationné chez vous révèle une usurpation de plaques d’immatriculation (doublette). Ce délit explose avec le déploiement des nouveaux radars intelligents IA. Toutefois, ne paniquez pas : entre le dépôt de plainte obligatoire et le recours via France Titres, il existe un protocole strict pour annuler ces sanctions et obtenir un nouveau numéro SIV sans payer de taxe régionale. Voici comment protéger votre permis et votre portefeuille immédiatement.

Porter plainte : l’acte fondateur de votre défense
Dès la réception d’une amende suspecte, vous devez impérativement porter plainte pour usurpation de plaques d’immatriculation. Déposez votre plainte en ligne sur le portail officiel Ma Sécurité. Grâce à l’authentification FranceConnect+, cette procédure remplace l’ancienne pré-plainte et vous permet, dans la plupart des cas, de valider votre déclaration sans vous déplacer en commissariat.
Cette étape est cruciale car elle déclenche trois mécanismes de protection :
- Le signalement actif : L’inscription de votre numéro au Fichier des Véhicules Volés (FVV) permet aux forces de l’ordre d’intercepter le fraudeur via les dispositifs de Lecture Automatisée des Plaques d’Immatriculation (LAPI).
- La preuve juridique : L’obtention d’un récépissé de dépôt de plainte, document indispensable pour contester les futurs PV sans avoir à consigner d’argent.
- L’exonération fiscale : Ce document ouvre votre droit à un nouveau certificat d’immatriculation sans payer de taxe régionale.
À savoir : Que l’usurpation soit physique (vol de plaques) ou virtuelle (reproduction via une annonce en ligne ou un repérage en rue), la plainte est la seule voie légale pour dégager votre responsabilité pénale.
Une fois la protection juridique activée par la plainte, il convient de constituer un dossier de preuves irréfutables.
Comment prouver une usurpation de plaque d’immatriculation ?
C’est ici que se gagne votre bataille contre l’administration. Pour obtenir l’annulation d’un procès-verbal, vous devez démontrer que vous n’êtes pas l’auteur de l’infraction. En 2026, la précision de vos preuves est votre meilleur atout. Par conséquent, compilez chaque donnée numérique disponible.
Les preuves matérielles et numériques incontestables
- Le cliché d’infraction : Demandez systématiquement la photo sur le site de l’ANTAI. Si le véhicule flashé présente la moindre différence avec le vôtre (couleur, finitions, présence d’un attelage, stickers ou même marque des pneus), l’usurpation est prouvée immédiatement.
- La télémétrie et le GPS : En 2026, les journaux de bord de votre véhicule connecté ou l’historique de géolocalisation de votre smartphone (Google Maps Timeline, Apple Plans) sont des preuves de plus en plus acceptées pour justifier votre position exacte.
- Localisation horodatée : Tickets de péage, factures de restaurant ou relevés de badge de parking. Ces documents prouvent physiquement que votre véhicule ne pouvait pas être sur les lieux du délit.
- Attestations professionnelles : Un relevé de badgeuse ou une attestation signée de votre employeur certifiant votre présence au bureau reste une preuve juridique majeure.
- Témoignages certifiés : Les déclarations écrites de tiers (voisins, collègues) doivent impérativement utiliser le formulaire cerfa n°11527*03 pour être recevables.
Conseil d’expert : Si vous possédez une carte grise de collection, les photos de vos expertises ou de votre certificat d’immatriculation spécifique permettent de souligner des détails de carrosserie rares que l’usurpateur n’aura pas.
Procédure de contestation : ne payez jamais !
La règle d’or est simple : le paiement d’une amende vaut reconnaissance de l’infraction. Si vous payez, vous clôturez le dossier et perdez toute possibilité de contester l’usurpation.
Cas des radars automatiques (Vitesse, feux rouges, IA)
Pour les infractions relevées par un radar IA, la contestation se fait en ligne sur le portail de l’ANTAI.
- La méthode : Sélectionnez le « Cas n°1 » (Véhicule cédé, vendu, volé ou usurpation).
- Les pièces : Téléchargez votre dépôt de plainte et vos preuves de localisation.
- Le bénéfice : Cette procédure suspend immédiatement l’amende et bloque la perte de points sur votre permis. Contrairement à d’autres cas, aucune consignation d’argent n’est exigée en cas d’usurpation prouvée par une plainte.
Cas du Forfait Post-Stationnement (FPS)
Si l’usurpation concerne un stationnement impayé, l’ANTAI n’est pas compétente. La procédure est locale :
- Le RAPO : Vous devez déposer un Recours Administratif Préalable Obligatoire auprès de la mairie ou de l’organisme gestionnaire mentionné sur l’avis.
- Le piège à éviter : Le délai est souvent plus court (un mois généralement). Joignez impérativement votre plainte pour prouver que vous n’étiez pas l’utilisateur de la place de stationnement.
Attention en 2026 : Avec le durcissement des règles, une contestation abusive peut désormais être sanctionnée. Assurez-vous que votre dépôt de plainte est bien enregistré avant de lancer la procédure de recours pour éviter tout blocage ou un document 48SI accidentel.
Obtenir un nouveau numéro SIV sans taxe régionale
L’usurpation vous donne le droit de changer l’identité minéralogique de votre véhicule pour stopper définitivement les nuisances. En 2026, cette démarche s’effectue via le portail France Titres (anciennement ANTS), en utilisant obligatoirement une identité numérique sécurisée.
- Le coût : La taxe régionale est gratuite suite à une usurpation prouvée. Seule la redevance d’acheminement (2,76 €) reste à votre charge.
- Cas particulier de la vente : Cette situation devient critique lors d’une cession de véhicule. En effet, si vous étiez sur le point de céder votre voiture, sachez que le changement de numéro SIV annule immédiatement tout certificat de cession déjà édité. Vous devrez impérativement générer un nouveau code de cession avec la nouvelle immatriculation pour que l’acheteur puisse s’immatriculer.
- L’installation : Dès réception de votre Certificat Provisoire d’Immatriculation (CPI) par mail, faites poser de nouvelles plaques rivetées par un professionnel agréé.
Conseil 2026 : Une fois vos nouvelles plaques posées, n’oubliez pas de mettre à jour votre profil sur les applications de stationnement et de modifier votre vignette suisse ou vos badges de télépéage pour éviter de nouvelles amendes techniques.
Le rôle de votre assurance et de la prévention
Protection juridique : un allié crucial
Si votre contrat auto ou habitation inclut une protection juridique, activez-la sans attendre. Votre assureur peut mandater un expert pour certifier les différences physiques entre votre véhicule et celui du fraudeur. Ce soutien est décisif si l’administration rejette votre recours, surtout pour une carte grise de collection dont les détails uniques facilitent l’identification.
Prévention : limiter les risques de « doublette »
En 2026, anticiper reste la meilleure défense contre le cauchemar administratif :
- Floutez vos plaques sur vos annonces de vente pour empêcher les fraudeurs de copier votre numéro ou d’éditer un certificat de non-gage.
- Surveillez vos comptes de télépéage et vos applications de stationnement pour détecter toute activité suspecte avant même la réception d’un PV.
- Sécurisez vos fixations : Des rivets renforcés ralentissent le vol physique. Profitez du changement pour personnaliser votre logo de département librement sur vos nouveaux supports.
Récapitulatif : Votre parcours de défense 2026
| Étape | Action Prioritaire | Organisme / Plateforme |
| 1 | plainte en ligne | Ma Sécurité. |
| 2 | Contestation sans payer (Cas n°1 ou RAPO) | ANTAI ou Mairie (FPS) |
| 3 | Demande de nouveau numéro SIV | France Titres / Guichet Pro |
| 4 | Réception du CPI et pose des plaques | Garage agréé |
| 5 | Mise à jour des contrats (Assurance, Télépéage) | Assureur / Prestataires |
FAQ : Ce que dit le Code pénal
Quelles sont les peines pour l’usurpateur ?
L’usurpation de plaques est un délit grave. En 2026, l’auteur encourt jusqu’à 7 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende. À cela s’ajoutent des peines complémentaires systématiques : la suspension du permis de conduire pour une durée de 3 ans, le retrait de 6 points, et la confiscation définitive du véhicule ayant servi à commettre l’infraction. Les nouveaux radars intelligents facilitent désormais l’identification de ces fraudeurs.
Suis-je responsable si je ne déclare pas l’usurpation ?
Absolument. Sans dépôt de plainte officiel, la loi présume que vous êtes l’auteur des faits. Vous restez le redevable légal des amendes et des retraits de points. À défaut de réaction immédiate, vous risquez de recevoir un document 48SI actant l’invalidation de votre permis de conduire pour solde de points nul, rendant toute contestation ultérieure beaucoup plus complexe.
Agissez avant qu’il ne soit trop tard
L’usurpation de plaques est une course contre la montre. Chaque jour de perdu vous expose à de nouvelles amendes et met votre permis en péril. Le mot d’ordre : ne payez rien et déclarez tout.
Ne laissez pas un fraudeur détruire votre historique de conducteur. Mandatez nos experts pour régulariser votre situation dès aujourd’hui.





